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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 17:11

« C’est quand le bonheur ? » chante Cali. « Le bonheur ne se cherche pas : on le rencontre », rétorque l’éditeur Bernard Grasset. En ces temps de morosité généralisée, Quelle Santé vous invite à faire mentir les récentes statistiques sur le moral des Français. « Le paradis n’est pas sur la Terre, mais il y a des morceaux », écrivait Jules Renard. Voici quelques pistes pour apprendre à les recoller.

Ca va vous ? Parce qu’on dirait que les Français ont plutôt le moral dans les chaussettes.

Le dernier sondage international BVA-Gallup (mené du 11 octobre au 13 décembre 2010 dans 53 pays) montre que notre pays est champion du monde du pessimisme. « En France, la sinistrose aiguë gagne du terrain, résume l’institut de sondage. Les Français sont plus sombres sur leur situation personnelle à venir que… les Irakiens, les Afghans ou les Paki­sta­nais. »

Que se passe-t-il ? Pourquoi la déprime gagne-t-elle du terrain ? D’accord, il y a la crise mais malgré tout, est-ce si difficile d’être heureux aujour­d’hui ? « Poursuivre le bonheur, au lieu de le laisser venir, n’est-ce pas courir après le reflet d’un mot ? écrit le romancier Jacques Chardonne. En fait, les hommes seraient plus heureux si on leur parlait moins de bonheur ! » Il est vrai qu’aujourd’hui, les injonctions à être heureux se multiplient. Toutes les pages des magazines dégoulinent de bonheur. « Ouvre un Coca-Cola, ouvre du bonheur », assure la marque au bandeau rouge pendant que le Club Med nous promet « tous les bonheurs du monde » et que Castorama nous offre sur son site internet « des petits coins de bonheur pour moins de 600 € ». Les visages radieux, les familles parfaites, les femmes qui ne vieillissent pas et les hommes frais au réveil : toutes ces images de rêve ont pour effet de faire tourner notre quotidien au cauchemar. Parce que dans la vraie vie, on a des rides, on ne peut pas toujours partir en vacances et les enfants tachent leur pyjama au petit-déjeuner. Bref, notre malheur vient de cette incapacité à pouvoir accéder au bonheur stéréotypé. Que l’on se rassure, la frustration est collective. À mesure que les sourires Ultra-brite fleurissent sur les panneaux publicitaires, les chiffres de la dépression flambent. D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), d’ici 2020, la dépression deviendra la deuxième cause d’invalidité à travers le monde, après les troubles cardiovasculaires.

 

Heureux qui comme Crésus…

Mais c’est quoi le bonheur alors ? Lorsque l’on tape sur Google « définition du bonheur », le moteur de recherche nous annonce 1 610 000 résultats, c’est dire s’il est difficile de circonscrire le concept. Depuis Aristote selon lequel « le bonheur est le principe et la raison d’être de la vie, le but et la finalité suprêmes de l’existence humaine », les philosophes débattent du sujet. Pour Tal Ben-Shahar, professeur de bonheur à l’université de Harvard : « le bonheur est la sensation globale de plaisir chargé de sens ». En d’autres termes, « L’individu heureux éprouve des sentiments positifs tout en trouvant une raison d’être à son existence. Cette formulation ne s’applique pas à un instant précis mais à la somme agrégée des expériences d’une vie entière à un moment donné. » Le psychologue définit quatre archétypes d’individus dans lesquels vous vous reconnaîtrez peut-être.

 

Le premier – le fonceur – fait passer l’avenir avant le présent et se prive, en prévision d’un bénéfice anticipé. Tout ce qu’il entreprend aujourd’hui, c’est dans l’objectif d’être heureux demain. Ce comportement est extrêmement courant dans notre société. « Nous apprenons en permanence à nous concentrer sur un but futur et non sur le présent, déplore le philosophe. Toute notre vie, nous courons après un avenir qui, toujours, nous échappe. La gratification ne vient pas couronner le plaisir que nous avons pris au voyage en lui-même mais le fait que nous l’ayons mené à son terme. »

 

Le second – le viveur – à l’inverse, veut jouir du présent sans tenir compte des éventuelles conséquences négatives de ses actes. Il enchaîne les plaisirs et considère qu’effort égale souffrance et que plaisir est synonyme de bonheur. Pour le psychologue hongrois Mihaly Csikszentmihalyi, auteur notamment de « Vivre : la psychologie du bonheur », le viveur se fourvoie car les meilleurs moments surviennent en général quand le corps ou l’esprit atteignent leurs limites dans un effort délibéré pour réaliser une tâche difficile mais méritoire. Le troisième, le moins heureux de tous, ne jouit ni de l’instant présent ni de l’avenir. Il s’agit du défaitiste, qui, résigné à son malheur présent, n’attend rien de l’avenir.

 

Enfin, le dernier archétype – le bienheureux – caractérise l’individu qui vit en sécurité, conscient que les activités lui procurant de la joie aujourd’hui le conduiront à un avenir épanouissant. « Le bonheur, ce n’est ni parvenir au sommet de la montagne, ni escalader ses pentes sans but, mais vivre l’expérience de l’ascension », conclut Tal Ben-Shahar.

Tous les bonheurs du monde

Être heureux, ça se travaille ? « Le bonheur a plusieurs origines, écrit Christophe André, médecin psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris. Il y a bien sûr une part d’hérédité, sur laquelle nous ne pouvons revenir. Il y a aussi le poids d’un environnement que nous ne pouvons pas toujours, ou pas facilement modifier : être né et vivre à telle époque, à tel endroit, dans telle famille… Mais il y a également nos attitudes, nos comportements, nos modes de pensée qui pèsent sur notre niveau de bien-être subjectif, cette dénomination pudique que les scientifiques utilisent pour parler du bonheur. » Les chercheurs estiment que cette part active constitue la moitié de nos capacités à nous sentir heureux. Notre marge de manœuvre est donc de l’ordre de 50 %. Ce n’est pas si mal.

Depuis les années 1950, un nouveau courant de psychologie travaille sur cette semi-capacité à développer notre bien-être. La psychologie positive se concentre sur l’étude de ce qui construit notre santé, et non plus seulement sur ce qui l’entrave. Initié à la fin du XIXe siècle par le pharmacien lorrain Émile Coué et rendu public il y a une soixantaine d’années par l’ouvrage de l’Américain Norman Vincent Peale « Pouvoir de la pensée positive », ce courant consiste à faire émerger ce qui nous rend heureux. « C’est, appliqué à l’équilibre de notre esprit, la transposition du concept de “santé active”, qui s’impose désormais en médecine, explique le psychiatre Christophe André dans la revue Culture Psy.  On peut contribuer à rester en bonne santé en adoptant certains comportements : faire de l’exercice physique, manger des fruits et des légumes, éviter le tabac, consommer de l’alcool avec modération… De la même manière, on peut augmenter ses chances de se sentir bien mentalement en pratiquant la méditation, en développant une communication affirmée et non violente avec les autres, en cultivant ses émotions positives, en savourant les bons moments… » Pour les chercheurs en psychiatrie, cette démarche est loin d’être farfelue. Une recherche prospective, menée sur dix ans, a montré que le « déficit d’émotionnalité positive représentait un facteur spécifique de risque dépressif, au moins chez les plus de 50 ans ».

 

Signes intérieurs de bonheur

Aider les individus à être plus heureux peut parfois relever d’une décision collective ou mieux, d’une politique. Au royaume du Bhoutan, voilà quarante ans que l’on n’évalue plus la santé du pays à l’aune de ses prouesses économiques. En 1972, le roi Jigme Singye Wangchuck a mis sur pied le BNB, l’indice de bonheur national brut, basé sur des valeurs de bien-être, d’écologie, de spiritualité, d’identité culturelle. Depuis 2008, une Commission du bonheur national brut (anciennement Bureau du plan) veille à ce que toute politique émanant d’un ministère prenne en compte les exigences du BNB et concoure au bien-être collectif. « Lorsque l’on envisage une politique, explique la secrétaire de la commission, on ne regarde pas que le côté économique et le ratio dépenses/recettes.

On prend en compte aussi l’aspect holistique. Cette politique augmentera-t-elle le stress ? Les gens auront-ils assez de temps avec leur famille ? Est-ce qu’elle affectera le développement personnel ou spirituel ? Et la vitalité de la communauté dans tout cela ? Quelles seront les dégradations environnementales ? Le but des outils du BNB est de fournir une orientation aux décideurs pour qu’ils sachent que telle décision aura telle conséquence. Et qu’ils puissent avoir du recul pour prendre les décisions les plus justes. » Dans le monde, d’autres indicateurs tentent de détrôner le classique indice de croissance PIB et d’évaluer le niveau de bonheur des citoyens. Le plus connu est l’indice de développement humain (IDH) établi par le Programme des Nations unies pour le développement. Il conjugue le PIB avec les niveaux d’espérance de vie et d’instruction. En 2010, la France se situe à la 14e place mondiale avec un indice de 0,872 (sur une échelle de 0 à 1) alors qu’elle est 8e dans le classement du PIB établi par le Fonds monétaire international. Dans le trio de tête de l’IDH, la Norvège, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Dans la même veine, l’indice de bien-être économique et durable ou l’indicateur de progrès véritable. Ce dernier intègre dans les richesses économiques aussi bien le travail domestique que les activités bénévoles et déduit la valeur estimée des richesses naturelles perdues (dommages à l’environnement, destruction des ressources non renouvelables…) et des dégâts sociaux (chômage, délits, crimes, délinquance, accidents, maladies, inégalités, etc.).

 

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